lundi 20 avril 2015

Musique live à Abu Dhabi


Ce week-end, détour par l'Abu Dhabi City golf club pour assister au concert de Same Same But Different, un groupe né au lycée Massignon et comptant dans ses rangs des profs, des conjoints, des administratifs, des élèves, des parents, tous rassemblés par leur goût pour la musique. Il y avait 300 personnes pour les écouter dans la chaleur d'une fin d'après-midi émirienne, prolongée par un superbe début de soirée.
En première partie, c'est un autre groupe du lycée français d'Abu Dhabi, un groupe d'élèves de Terminale, qui avait la charge d'ouvrir le bal. Sans son bassiste, ce ne fut pas évident mais Sound Block a quand même tenu la baraque pour sa première partie.


Ensuite, Same Same (on dit comme ça pour faire plus court) est monté sur scène, alignant les reprises toujours rythmées, souvent entraînantes (demandez aux enfants qui ont dansé devant eux tout le concerte !), parfois étonnantes ("Wonderful tonight" d'Eric Clapton en version... reggae). Un bon moment qui débouche sur l'album photos qui suit et, tout d'abord, la vidéo qui va bien !
Same Same est une formation hétéroclite, où on joue aussi bien de la guitare électrique que de la flûte traversière ou du saxo, comme Patrick ici dans ses oeuvres.




Et voici donc l'album photos du concert :


Un coup de Larsen, merci pour les oreilles !

Dans le civil, David est prof de maths, si, si.








 

dimanche 19 avril 2015

Une coupe du monde aux Emirats ?

En ce dimanche printanier où des copains du rugby à XV vont disputer leur dernier match de la saison aussi bien sur le terrain que sur le banc (RC Arras - Gennevilliers, c'est à partir de 13 h 30 à Grimaldi avec le match de Fédérale 2 à 15 h et entrée gratuite pour tous), je vais parler d'Ovalie dans le golfe. Il s'agit de rugby à XIII dont la saison officielle vient de démarrer aux Emirats arabes unis. Plutôt confidentiel puisque le championnat ne compte que quatre équipes et n'avait même pas eu lieu l'an passé, le treize émirien nourrit pourtant de grandes ambitions. C'est ainsi que le président de l'UAERL vient d'annoncer la candidature du pays à l'organisation de la coupe du monde 2021.
Le patron local du rugby à XIII, ou rugby league pour les anglophones, met en avant l'expérience du pays quant à l'organisation d'événements internationaux ainsi que la proximité de l'exposition universelle de 2020 qui verra les capacités de transport et d'hôtellerie exploser encore à Dubaï.
Parmi les autres avantages, il n'y aurait pas de stades à construire (le Dubai Sevens, fort de 40 000 places, serait parfait pour les demi-finales et finale) ;
la compétition pourrait sans problème avoir lieu en hiver, puisque les saisons de XIII, au nord comme au sud, se disputent de mars à octobre;
il y assez de Britanniques et d'Australiens expatriés aux Emirats pour assurer un minimum de spectateurs dans les stades et de clients à la buvette pour que le projet soit financièrement viable.

Après, que le championnat local soit limité, comme expliqué plus haut ;
que la Fédération émirienne n'existe que depuis 2007 ;
que son président ne soit pas membre d'une grande famille émirienne mais un trentenaire libanais ô combien motivé ;
que le XV domine les débats quand on évoque le ballon ovale dans le coin ;
qu'il y ait peu de purs treizistes ici, voire quasiment pas à l'exception notable de Ben Bolger, ancien joueur des London Broncos ;
que l'immense majorité des joueurs du coin cumule les saisons de XV et de XIII, à l'image des Abu Dhabi Harlequins champions en titre ;
qu'il est difficile d'exister quand on est à la fois si loin de l'Angleterre (numéro un européen grâce à sa Super League) et de l'Australie (neuf fois champion du monde sur les onze éditions depuis 1968) ;
tout ça, toutes ces raisons de douter d'une coupe du monde treiziste, c'est balayé d'un revers de main. Mais ça peut marcher, à condition d'avoir le carnet de chèques pour convaincre.

vendredi 17 avril 2015

Vous reprendrez bien du nanar (n° 2)

Deuxième volet de notre évocation des mauvais films figurant pourtant au panthéon des objets filmiques inoubliables. Cette semaine, hommage à la France éternelle, au bleu-blanc-rouge, bref à Alain Delon.


Ne réveillez pas un flic qui dort

Aurait pu s'intituler : Maréchal (des logis), nous voilà
Appellation d'origine contrôlée : France
Millésime : 1988
Eleveur : José Pinheiro, sous licence Alain Delon
Note personnelle : 5 sur 10


On peut être à la fois un demi-dieu en Chine et un sérieux prétendant au titre de roi du nanar à la française. Alain Delon en a fait la preuve dans les années 1980. Et depuis aussi, il faut bien l'admettre. Mais revenons à nos moutons et en particulier à cette création filmique politiquement engagée. Sur le papier, Ne réveillez pas un flic qui dort vient d'un roman de Frédéric H. Fajardie, un écrivain très à gauche. Mais avec Alain Delon aux manettes, on va virer de bord.
Pas question de laisser le spectateur se fourvoyer, inutile non plus qu’il se fasse des idées sur ce qu’il est venu voir. Ainsi, dès les premières images, le générique donne le ton : « Alain Delon présente Alain Delon. » Le producteur-scénariste Alain Delon sert la soupe à Alain Delon, plus grand acteur français de l’après-guerre. L’appellation « soupe » n’est d’ailleurs pas trop forte pour qualifier ce pamphlet politico-policier sorti à une époque où le FN avait des députés à l'Assemblée nationale et où Charles Pasqua terrorisait les terroristes depuis son fauteuil du ministère de l'Intérieur.



Avec la complicité de José Pinheiro présenté comme le réalisateur, Alain Delon se sert donc la soupe à lui-même pendant plus d'une heure et demie. Une soupe luxueuse, classieuse pour un commissaire divisionnaire qui dort dans des draps en soie, au milieu d’un appart’ grand comme un commissariat mais nettement mieux meublé si on se fie à la mannequin américaine qui partage la vie de notre héros. S'il n'y avait que ça, on rangerait sagement Ne réveillez pas un flic qui dort dans la malle des navets réactionnaires et on dormirait tranquille. Mais, le nanar a de la ressource. Il sait faire fi des a priori pour pointer le bout de son groin.
Premier signe de nanardise, le nom du personnage de Delon. On n'est plus dans le classieux, le champagne millésimé et le top model. Que nenni : le super-flic s'appelle Eugène Grindel. Comme marque de camembert, je veux bien ; comme acolyte de Super Dupont, passe encore ; mais comme héros de la France éternelle, comme porte-drapeau du rayonnement tricolore dans le monde, c'est minable, pitoyable, risible. Et donc tout à fait nanar ! Et, avec le déroulement de l'histoire, on n'a pas fini de rigoler dans notre barbe de mauvais Français...
L'ami Eugène est ainsi flanqué de deux adjoints : un brun manchot (Patrick Catalifo) et un blondin avec la parfaite tête du nazillon de base (Xavier Deluc). L'improbable trio enquête sur un groupuscule fascisant dénommé « Fidélité de la police ». Cette sympathique association à but non lucratif a entrepris de grouper arrestations, jugements et exécutions de truands afin de limiter les coûts, de désengorger les tribunaux et de nettoyer les rues de nos bonnes villes. Et ça marche du feu de Dieu. C’est autre chose que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
Là, je peux vous assurer que les policiers sont prêts à faire des heures supp’, qu’ils soient futurs chef de série sur TF1 (Xavier Deluc, le blondin sus-nommé, reconverti dans RIS après un passage remarqué chez Max Pécas) ou commissaire barjot de Taxi (Bernard Farcy, tout bonnement ridicule quand il se fait hara-kiri, drapé dans le drapeau tricolore). Une pincée de Dominique Valéra, légende vivante du full-contact, une larmichette d’Olivier Marchal en flic de base et vous avez devant vous l’avenir de la police française. Mais ce n’est pas le pire. Ou le plus drôle.
Ces flics justiciers émasculent, brûlent, abattent, mitraillent à tour de bras. Leurs cibles : les truands (qui sont méchants), les gendarmes (qui sont des traîtres) et les policiers manchots (parce qu'ils ont perdu une main en sauvant des Juifs lors d’un attentat). C'est vachement recherché, hein ?

Mais il faut aussi un leader à cette "Fidélité de la police", un gars charismatique, éventuellement avec un nom corse, portant un pardessus beige, arborant de multiples rictus, défendant un catholicisme intégriste, revendiquant sa haine xénophobe et machiste, bref un poète d’extrême-droite. Il se nommera donc Roger Scatti et sera incarné, littéralement, par Michel Serrault qui n’en avait pas autant fait depuis le Viager. Des tonnes, des caisses, des montagnes, le Mimi en rajoute un maximum, s’offrant au passage quelques répliques dignes d’une soirée étudiante à Assas : « C’est le plus beau jour de ma vie, celui où la police vient de se libérer de toute contrainte » ou « Il m’a fallu vingt ans pour mettre sur pied la plus belle machine de guerre jamais conçue contre la pègre et le communisme. » Des saillies aussi mortelles que les balades de Scatti/Serrault avec son fusil-mitrailleur.

Ce qu’il ignore, c’est qu'Eugène Grindel a tout compris depuis le début. En même temps, c'est normal puisqu'Alain Delon soi-même a écrit le scénario, s'offrant un duel final dans le bureau du directeur de la police. Et pour bien faire comprendre au spectateur atterré ou bidonné qui est le vrai gentil, qui respecte la loi, qui défend la justice au nom des principes républicains, Delon met une balle de 357 Magnum dans la tête de Serrault. Si après ces 97 minutes de finesse, de subtilité, de surjeu grotesque, de prétention, vous n'avez pas compris, franchement...


Dernier supplément de bonheur nanar, Eugène Grindel rentre chez lui. Il retrouve sa copine top-model et, pour lui expliquer sa journée harassante, il sort la réplique qui tue : « Mais il ne fallait pas réveiller un flic qui dort ». L'Evangile nanar selon Alain Delon,


Bonus

- Sur Ne réveillez pas un flic qui dort, le directeur de la photographie était Raoul Coutard. Chef opérateur de Jean-Luc Godard et François Truffaut, il est à mes yeux surtout passé à la postérité nanardophile pour avoir réalisé la Légion saute sur Kolwezi.
- Précision pour nos amis poètes : Eugène Grindel, c'est le vrai nom de Paul Eluard.
- Roman écrit par un écrivain très à gauche + réalisation de José Pinheiro + Alain Delon en vedette + production TF1 = un carré d'as qui remettra le couvert 14 ans après Ne réveillez pas un flic qui dort pour commettre la série Fabio Montale.
- Riton, l'indic qui se fait dézinguer dans le film, est joué par Vivien Savage à qui on doit le tube « la p'tite Lady » en 1984.


Quelques affiches :





 


Et, la semaine prochaine, Vous reprendrez bien du nanar vous proposera :


mercredi 15 avril 2015

Pour Martin Saleille, ce sera Amiens

Martin Saleille échange un RCA contre un autre. Le co-entraîneur arrageois va prendre la direction d'Amiens la saison prochaine. Il va y trouver une équipe qui vient de terminer troisième du championnat Honneur du comité des Flandres et est qualifiée pour le championnat de France. Les Amiénois affronteront Pont-à-Mousson, champion Honneur d'Alsace-Lorraine, le 10 mai. Et ils devraient avoir des ambitions pour 2016 puisque, sur son site web, le RC Amiénois parle de Fédérale 3 et du travail à accomplir pour y parvenir. Un créneau qui devrait plaire à Martin !
Martin Saleille a croisé plusieurs de ses futurs joueurs ce week-end lors de la finale territoriale à VII organisée sur la pelouse arrageoise de Grimaldi. Amiens y a terminé troisième, accrochant Marcq (14-17), s'inclinant nettement devant Arras (0-33), battant Laon (31-5) et Armentières (28-15).
Rappelons que le RCA (le vrai !) a remporté cette finale des Flandres en signant un grand chelem, même s'il fallut batailler en finale pour imposer la loi arrageoise aux Marcquois de l'ex-Atrébate Jonathan Grenon (24-14). Les Artésiens du trio Konieczny-Nogent-Saleille sont désormais tournés vers la phase finale nationale qui aura lieu fin juin à Marcoussis.
Finales à VII : les classements
Compétition fédérale.- 1. RC Arras ; 2. Olympique marcquois ; 3. RC Amiénois ; 4. Armentières ; 5. Laon ; 6. Saint-Omer.
Compétition territoriale.- 1. Iris Lille ; 2. Bailleul ; 3. Flesselles ; 4. LORC ; 5. Charleville-Mézières ; 6. Douai ; 7. Valenciennes ; 8. Abbeville.

lundi 13 avril 2015

Le chiffre du jour

456 500

C'est, en dollars, l'enveloppe globale des primes distribuées aux championnats du monde 2015 de jiu-jitsu brésilien (JJB). Soit légèrement au-dessus de la barre des 431 000 euros et un peu plus d'1,6 million de dirhams émiriens vu que cette compétition aura lieu à Abu Dhabi la semaine prochaine. De quoi laisser pantois le faucon qui est la mascotte des Mondiaux.
 Discipline dont la médiatisation rivalise avec le badminton et le hockey sur gazon, le Brazilian Jiu-jitsu (parce que créé au pays de la samba par un émigré japonais) met les petits plats dans les grands grâce à la générosité des Emiriens dont l'un des sheikhs s'est pris de passion pour ce type de sports de combat. Tant mieux pour le JJB et ses pratiquants, dont l'un empochera la coquette somme de 30 000 dollars quand il remportera le tournoi-phare des championnats du monde : l'épreuve toutes catégories (ou dit également Open ou Absolute) des ceintures noires. Il y a fort à parier qu'un Brésilien, où qu'il soit licencié, sera dans le coup, mais comme la concurrence est véritablement mondiale, il y aura du monde au balcon pour décrocher la timbale.
Une quarantaine de Français(es) sont attendus sur les tatamis d'Abu Dhabi, en provenance d'à peu près tous les pays du golfe, mais aussi de Nice, de Nantes ou d'une tripotée de clubs de région parisienne. Avec, dans le lot, des champions d'Europe qui viendront se mêler à la bagarre.