lundi 22 décembre 2014

L'élite mondiale du volant carbure au super

Ce qu'il y a de bien (entre autres) aux Emirats arabes unis, c'est qu'ils adorent organiser, accueillir, héberger, de grandes compétitions mondiales. Comme ils ont l'argent et les infrastructures, ils ne s'en privent pas. Cela leur permet, par exemple, de décider que le dernier Grand prix de F1 aura lieu chez eux et proposera le double de points que d'habitude, mais aussi de signer un joli chèque à la Fédération internationale de badminton pour que la finale des Superseries ait lieu à Dubaï juste avant Noël jusqu'en 2017.
La première édition, c'était hier au Hamdan Sports Complex, une espèce de soucoupe volante bleutée située hors du centre-ville de Dubaï et abritant d'habitude... une piscine ! On voit bien d'ailleurs les plongeoirs au-dessus des terrains d'échauffement. Cette fois, on était bien en configuration badminton, pas de doutes là-dessus.



La "Fan Zone" était plutôt modeste et, à son ouverture, une heure avant le premier match, il fallait se pincer pour imaginer que la finale de la plus grosse compétition de la saison pour le bad' mondial allait avoir lieu là : il n'y avait pas un chat ! Les Superseries constituent la crème des tournois individuels. C'est tellement sélectif que les Européens y sont rares et les Français quasi-absents. Pour info, notre meilleur Tricolore en simple hommes, Brice Leverdez est 28e au classement 2014. Pour aller à Dubaï, il fallait être dans le Top 12.
Dans l'épreuve-phare de la journée, c'est un Chinois qui a gagné. Pas de surprise donc, tant les les fils de Mao dominent. Hier, sur les cinq finales proposées, ils avaient cinq concurrents engagés. Si on élargit aux autres nations asiatiques, c'est quasiment du monopole, avec une Taïwanaise, trois Coréens (une demoiselle et un double masculin) et deux Japonaises. Au milieu de tout ça, un Danois, Hans-Kristian Vittinghus, nettement battu par Chen Long en simple messieurs. Ce fut même assez terrible pour Vittinghus, auteur de sept fautes directes sur les sept derniers points du second set. Le Viking n'avait pas les armes pour tenir tête à un Chinois décontracté pendant le match et démonstratif après.







Un tel enthousiasme ne fut vraiment pas la marque de fabrique de ces Superseries Finals. Certes, les Coréens sacrés en double, Lee Yong Dae et Yoo Yeon Seong, ont manifesté leur joie en balançant notamment raquettes, maillots et chaussures dans le public.


Mais le reste fut plus feutré, à l'image de Tai Tzu Ying (Taipei), que certains témoins dignes de foi assurent avoir vu sourire. Sinon, quand elle a remporté le titre, elle laissa transparaître autant de bonheur que si elle avait gagné un match du premier tour de l'open de Villiers-Fossard. Ce doit être une question d'éducation. Mais ça n'enlève rien à son talent : c'est une sacrée joueuse, classée au neuvième rang mondial mais qui devrait grimper encore si elle continue d'évoluer à un tel niveau. Dans le premier set, c'est bien simple, elle faisait tout, le jeu, les points gagnants et aussi les fautes. La Coréenne Sung Ji Hyun était quasiment spectatrice de sa propre finale !


Dans les tribunes, il y avait heureusement plus d'ambiance. Les Chinois et les Coréens poussaient leurs compatriotes, tandis que les Indiens, nombreux aux Emirats et fans de badminton, cherchaient à oublier la déception de l'élimination de leur chouchoute Saina Newhal en demi-finale en soutenant les uns et les autres. Dans les travées aussi, le continent asiatique dominait largement.



Rendez-vous en décembre 2015 pour une nouvelle dose de Superseries !

Le foot marque contre son camp

"La FFF ne fait aucun commentaire", "Pas de suspension", "Vice de procédure" : le foot français n'est plus à une tartufferie près. "Cachez ce dopage que je ne saurais voir", s'offusque-t-on dans le milieu feutré du ballon rond tricolore. Que Laure Boulleau soit coupable ou innocente ne change rien à l'affaire. Elle a fauté en cumulant trois défauts de localisation ; elle n'a pas respecté la règle ; elle doit être sanctionnée. Sauf qu'elle n'est ni cycliste ni athlète ni lutteur. Elle joue au foot au PSG et passe donc entre les gouttes, ce qui lui permet de filer s'occuper de ses nouvelles chaussures.


Laure Boulleau a sûrement passé quelques nuits difficiles avec cette affaire mais cela ne s'arrête pas à son petit cas personnel. D'une part parce qu'elle se trompe en déclarant : "Mon intégrité n'est pas mise en doute" ; d'autre part, parce que c'est une preuve supplémentaire que, sur le terrain de la lutte anti-dopage, le foot marque contre son camp.
Il a en effet toujours refusé d'intégrer la prise de produits interdits dans le schéma "classique" d'une compétition. Tricher, ce n'est pas seulement plonger dans la surface de réparation ou marquer un but de la main. C'est aussi soigner sa condition physique avec l'apport du pharmacien de garde. Mais tous les entraîneurs (sauf Zdenek Zeman, ancien de la Roma, saqué pour avoir brisé la loi du silence) et tous les joueurs de la Terre vous soutiendront mordicus qu'il n'y a pas de dopage dans le football, que c'est un sport trop technique pour avoir besoin de recourir à des produits comme l'EPO. C'est sûr : un produit qui permet de courir plus vite et plus longtemps et efface toute sensation de fatigue, ça ne sert à rien pour un footeux qui joue deux matches par semaine, éventuellement avec des prolongations. On est bien dans Tartuffe au royaume des hypocrites.
Et cela ne date pas d'hier.  N'oublions jamais que le sélectionneur national actuel et que le Zizou idôlatré ne marchaient pas qu'à l'eau fraîche quand ils étaient à la Juve, ou encore que le consultant Dugarry a été contrôlé positif à la nandrolone comme une tripotée d'autres.
En refusant de sanctionner Laure Boulleau comme le droit l'aurait voulu, le football perd aussi le peu de crédit qu'il lui restait auprès des autres disciplines. Certains cyclistes, tel Yoann Offredo suspendu durant toute l'année 2012 pour des faits similaires, sont montés au créneau suite à ce qu'il convient d'appeller "l'affaire Boulleau". Et on peut comprendre et même trouver légitime cette prise de position sarcastique : pourquoi eux prendraient des mois de suspension pour trois manquements à la localisation quand une joueuse de foot est amnistiée par sa fédération ? Si c'est pour services rendus à la Nation, il faut vite présenter les excuses du pays à Steve Guénot et effacer l'ardoise du champion olympique de lutte qui a commis les mêmes "erreurs administratives", comme le dit pudiquement Laure Boulleau.
La conclusion tombe d'elle-même : le foot est un sport à part, qui a ses propres lois, qui définit son propre cadre, qui distribue ses propres bons et mauvais points. En fait, c'est une mafia.

samedi 20 décembre 2014

Champion du monde !


Philippe Chiappe a eu son cadeau de Noël avant l'heure. Le Rouennais, suivi lors de sa superbe victoire au Grand Prix d'Abu Dhabi, est devenu champion du monde de F1 H2o. C'est le premier Français à décrocher le titre suprême dans cette compétition motonautique présentant les Formule 1 des mers.
Lors de l'ultime épreuve de la saison, organisée hier à Sharjah juste à côté de Dubaï, Philippe Chiappe a encore réussi un triplé : pole position, tour le plus rapide en course et victoire. Il s'est imposé devant les deux représentants de la team Qatar, l'Américain Shaun Torrente et l'Italien et désormais ex-champion du monde Alex Carella. C'était de toute façon le meilleur moyen de préserver les trois petits points d'avance qu'il avait au championnat.

En gagnant à Sharjah, le Normand aux 92 Grands prix disputés a offert à la Chine la consécration, même si le Qatar a décroché le titre constructeurs. Encore bravo à Philippe Chiappe et à son équipe de "Frenchies" qui sont les nouveaux patrons de la F1 H2o.

mercredi 17 décembre 2014

Le RCA fait ses fonds de tiroir

Il faut le dire : ça va mal au Rugby-club d'Arras. Même à distance, je ne peux que constater la situation inquiétante d'un club au bord de la rupture.
Comment ça, le RCA est cinquième du championnat ?
Comment ça, il n'a rien à craindre sportivement ?
Comment ça, c'est toujours une équipe qui propose du jeu ?
Comment ça, il reste cet esprit de déconnade et de bon goût dans les vestiaires de Grimaldi ?

Pardon mais nous ne parlons pas de la même chose et je m'en vais lever cette ambiguïté qui pourrait, chez certains esprits mal intentionnés, créer quelque trouble entre nous. Là, je veux parler d'une faillite morale manifeste, d'une quête éperdue des fonds de tiroir, d'une dangereuse dérive, d'une menace réelle pour la santé.
Comment appelez autrement l'épisode survenu dimanche à Suresnes pour le premier match retour de Fédérale 2 ?
Alexis Konieczny remplaçant en équipe réserve et, ce n'est pas tout, arbitre de touche avec, à la main, un pauvre tee-shirt à qui on n'a sûrement pas demandé son avis !
Des images terribles...




Heureusement qu'un lanceur d'alerte, une sorte d'Edward Snowden de l'Ovalie, un homme gardant sa lucidité dans ces instants où la réputation de tout un club se retrouve sur le fil du rasoir, heureusement donc qu'un mec s'est levé, non pour dire "stop", mais pour immortaliser la chose et maintenir le droit à l'information. Je sais, les images peuvent choquer. Mais ces photos pourront prouver nos dires quand, demain, dans une semaine, dans un mois, le RCA annoncera le retour en n°10 d'Alexis Konieczny. On ne pourra pas vous dire qu'on ne vous avait pas prévenus...

mardi 16 décembre 2014

Salutations de Budapest

Un bonjour de Budapest, capitale de la Hongrie, où j'attaque ce mardi matin, à 8h, un stage de communication. Avec des collègues chargés/responsables de com' d'autres lycées français à travers le monde, on va avoir droit à trois jours de formation, d'uniformisation des pratiques et de travail, notamment sur la vidéo avec un gars de l'Equipe dont je vous avais dit du bien il n'y a pas longtemps sans savoir que je le rencontrerais ici.
Arrivé hier, je suis allé me balader dans l'après-midi le long du Danube, aux halles et sur les hauteurs. Les choses sérieuses, c'est pour tout à l'heure, même si le programme déposé hier à l'hôtel nous annonce une promenade en bateau pour demain soir. Sachant qu'ici, il fait 5-6 degrés maximum, je vais surtout essayer de ne pas m'enrhumer !


Le tramway local et les rives du Danube en face de la colline Gellert

Les halles centrales

Aux abords du "Szabadsag hid", le pont de la Liberté

Statue en haut de la colline Gellert dans le couchant ; le Parlement illuminé

Au pied du château de Buda

jeudi 11 décembre 2014

Dubaï Sevens, une dernière galerie photos pour la route


Une dernière volée de photos en couleurs sur le Dubaï Sevens, remporté cette année par les Sud-Africains qui vont arriver gonflés à bloc pour la troisième étape des World Series, ce week-end, sur leurs terres de Port Elizabeth.















Les Bleuets vainqueurs du tournoi U18

mercredi 10 décembre 2014

Un de chute

Cette fois, ce n'est pas passé : Al Wahda, le club d'Adil Hermach, a subi sa première défaite de la saison en championnat des Emirats arabes unis. Contre Al Jazira, le leader de l'Arabian Gulf League s'en était sorti sur un but litigieux à l'ultime minute. Ce soir, pour le compte de la onzième journée, les Grenats ont pris une fessée à Al Ain (4-0), avec notamment un doublé du Slovaque Miroslav Stoch, qui avait mis l'Espagne à genoux voici quelques semaines avec sa sélection nationale.

Damian Diaz (à droite) et Al Wahda sèchement battus à Al Ain ce soir

Al Wahda battu, la voie était donc dégagée pour son dauphin, Al Jazira. Seulement, l'autre club d'Abu Dhabi s'est pris les pieds dans le tapis à domicile, s'inclinant 2-1 contre toute attente face à Sharjah, une équipe de deuxième moitié de tableau. Mais sans Mirko Vucinic (qui était suspendu) ni Manuel Lanzini, Al Jazira n'était pas cet Al Jazira qui marque quasiment deux buts par match depuis le début de la saison. Ou alors c'est la perspective de disputer un match amical contre le Bayern Münich aux alentours de Noël qui a perturbé les hommes d'Eric Gerets. Mais ça, j'y crois moins.
Le gagnant de cette onzième journée, c'est Al Shabab, victorieux 3-0 à Fujairah, avec un doublé de son Moldavo-brésilien Henrique Luvanor. Les Dubaïotes rejoignent Al Wahda en tête, avec 22 points et surtout un match en moins à disputer contre Al Ain. D'ici là, les Faucons, comme on surnomme l'équipe d'Al Shabab, se frottera dimanche à Al Jazira dans un gros match de haut de tableau.

lundi 8 décembre 2014

Le Dubaï Sevens des terrains annexes

Au Dubaï Sevens, il y a les équipes engagées en World Series et il y a les autres. Celles qui prennent part à l'une des quinze d'autres compétitions (pas moins !) organisées en parallèle. Dans le lot, on trouve l'International Invitation Men, qui rassemble des équipes réserves de grands pays, comme l'Afrique du Sud, et des formations spécialistes du VII avec parfois quelques pros. C'est ce tournoi du genre costaud auquel participait France 7 Développement, la structure fédérale qui, à l'occasion de son passage par les Emirats, a associé son noyau dur de joueurs de 19 ans (comme Pierre Reynaud et Mathieu Voisin, ci-contre) à quatre pros de l'équipe World Series, dont le Charentais Steeve Barry.

 Steeve Barry, le gars de Ruffec (16), fut l'un des pros intégrés spécialement à France Développement


Sur leur route, Paul Albaladéjo et les Bleus ont affronté des Vikings danois et également croisé l'ancien Arrageois Hendrick Brouwers, leader de la sélection nationale belge


Oui, Gérald Bastide court aussi. Quand il le faut vraiment... 
Sinon, il sait être super sérieux avec Jean-Claude Skrela, ancien DTN désormais manager
de l'équipe de France de rugby à VII au niveau de la Fédération

Et puis, quand vient le moment de la causerie, comme ici avant le quart de finale,
personne ne moufte, tout le monde écoute le coach




Après avoir battu les Anglais des Royals en quart, les Français se sont inclinés (19-31) contre la formation australienne de Tribe 7's, elle-même battue pour le titre par les Sud-Africains de Samuraï International, à savoir la réserve des Springboks. C'est d'ailleurs en Afrique du Sud que le grand cirque du Sevens va monter son chapiteau cette semaine. La majorité des joueurs de France 7 Développement est rentrée à Marcoussis, mais pas tous. Ainsi, Pierre-Gilles Lakafia et Steeve Barry ont retrouvé l'équipe de France World Series à la faveur de leurs prestations de Dubaï. Ils seront donc du tournoi de Port Elisabeth, vendredi et samedi.