samedi 22 novembre 2014

Le drôle de journée de Philippe Chiappe


De l'enfer au paradis, du doute à la certitude, d'un abîme de perplexité au sommet du podium d'un Grand Prix, Philippe Chiappe est passé par tous les états, ce vendredi, lors de l'avant-dernière manche du championnat du monde de Formule 1 H2o.
Le pilote français a d'abord longtemps cru que sa pole position de la veille allait tomber à l'eau à cause d'un problème de moteur.

Un essai, puis deux et même trois (voir la vidéo ci-dessous) et rien n'y faisait : les autres concurrents alignaient les tours durant la séance matinale d'essais libres et Chiappe restait à quai.





Pendant des heures, les mécanos de la team China ont cherché l'origine du problème, allant jusqu'à démonter le moteur du bateau numéro 7. Et, croyez-moi, débrancher un "moulin" pareil, c'est autre chose que de faire des ronds dans l'eau.

En plus, il y avait une épée de Damoclès au-dessus du team franco-chinois. Très sérieusement retenue, l'hypothèse d'un changement complet de moteur avait un double avantage (celui de régler le problème et de remettre à plus tard la quête d'une solution) mais surtout un énorme inconvénient : celui d'envoyer Philippe Chiappe tout au fond de la grille "Pendant une heure et demie, je pensais que j'allais partir dernier", avoua ainsi le pilote normand après la course.

Pas d'essais libres donc mais finalement, une lueur d'espoir avec un changement électrique suffisamment vaste pour englober la panne. Philippe Chiappe put donc grimper à bord, sentant les regards d'une bonne partie des pilotes tournés vers lui. D'ailleurs, il était assez marrant de voir le défilé des autres équipes devant la tête du team China pendant que les mécanos en rouge s'affairaient. 
Je pense principalement aux représentants du team Qatar, intéressés au premier chef et pour plusieurs raisons :
- Philippe Chiappe leur avait soufflé la pole position sous le nez ;
- le Français n'en avait encore jamais réussi en 12 ans de carrière en Grand Prix F1 ;
- Alex Carella, du team Qatar, est le triple champion du monde en titre et le leader du championnat avant la course d'Abu Dhabi ;
- Shaun Torrente, l'autre pilote du team qatari, est l'homme en forme du moment après sa victoire à Doha, juste devant un certain... Philippe Chiappe.


Mais le Qatar avait ses propres problèmes, notamment sur le moteur du bateau d'Alex Carella, et dut se résoudre à voir le Français prendre le départ, attaquer très fort, virer en tête à la première bouée et conserver son avance pendant les 37 tours de circuit. Pour faire bonne mesure, Chiappe signa le tour le plus rapide en course.
Carella est resté à la cinquième place et Torrente a beaucoup tenté pour réduire l'écart avec Chiappe, mais a fini par renoncer, admettant la supériorité du Français. Alors, "Rendez-vous à Sharjah", glissa au Rouennais le manager américain du team Qatar.
C'est là-bas, dans cette autre ville émirienne, que se jouera le titre mondial. Philippe Chiappe arrivera le 18 décembre avec 3 petits points d'avance sur Carella et 6 sur Torrente. Autant dire qu'il faudra gagner pour mettre la concurrence d'accord dans le petit monde de la Formule 1 H2o.




Le drapeau à damiers pour Philippe Chiappe en souvenir
et un Shaun Torrente pas abattu plus que cela par sa deuxième place.


Et puis, après le podium, il y la traversée du paddock et le retour sous la tente du team China, pour retrouver Philipe Dessertenne, manager particulièrement ému, et David Moore, le constructeur du bateau. "Et ce n'est pas fini !" promet maintenant Philippe Chiappe.


La machine (automobile) à remonter le temps

Parmi les choses à voir en plus des stands, du F1 Village, des boutiques de produits dérivés, de la course et des autres incontournables de la Formule 1, Abu Dhabi a ajouté des "classic cars" à son panier garni de sport automobile. Ces voitures de collection sont autant de machines à remonter le temps et aussi à raviver quelques souvenirs, notamment cinématographiques. Alors autant commencer par là avec, les fans l'auront reconnu, la DeLorean DMC-12 dont une version costumisée par Doc Brown et pilotée par Marty McFly fêtera l'an prochain les trente ans de Retour vers le futur.

L'occasion est d'ailleurs trop belle pour ne pas saluer Benoît Fauconnier, inlassable reporter de la cause automobile et intarissable connaisseur de la trilogie retour-vers-le-futuresque (au point d'attendre octobre 2015 avec impatience, pour marquer le retour de Marty à Hill Valley). Comme je suis moi-même, je le concède, un accro du triptyque de Robert Zemeckis, c'était assez jouissif d'en approcher une de si près.



Pour continuer dans le septième art associé aux quatre roues mais en ralliant le Vieux Continent, comment dissocier cette marque britannique du plus célèbre espion au service de Sa Gracieuse Majesté ? Donc, qui dit Aston Martin dit James Bond, plutôt période Sean Connery et George Lazenby d'ailleurs. Comme un parfum des sixties et des lance-roquettes intégrés à la plaque d'immatriculation.



Pour le reste, voici un kaléidoscope des autres voitures présentées, avec un coup de coeur pour la Ferrari 228 (qui m'a fait penser un peu trop hâtivement que c'était la cultissime 308 de Magnum). Et si d'aucuns regrettent de ne voir aucune Porsche dans le lot, je précise qu'il y avait bien un 911 de la belle époque, mais dans une livrée verte à bandes jaunes tout simplement hideuse. Je me suis donc abstenu de présenter une telle hérésie visuelle sous peine de faire la fortune des ophtalmologistes.







Formule 1 : Abu Dhabi dans la course

Dans les coulisses du Yas Island Circuit qui accueille ce week-end la dernière manche du championnat du monde de Formule 1, on peut avoir la chance de tomber sur ceci :




La bête, qui brille au soleil, régale les badauds du F1 Village sur 360 degrés, car elle est posée sur un plateau tournant, comme au Salon de l'auto. Les principales différences avec la version parisienne, c'est qu'elle n'est pas à vendre et qu'il n'y a pas de jolies filles pour faire de la réclame.

Pour les fans de Mercedes


Qu'elles soient d'hier ou d'aujourd'hui, objets de collection ou flèches argentées en route pour un titre mondial en Formule 1, les Mercedes ont la cote aux Emirats arabes unis. Pour les modèlesles plus récents, il est fréquent d'en croiser dans les rues d'Abu Dhabi, principalement les voitures qui sont passées entre les pattes expertes d'AMG, le préparateur spécialisé en gros vroum-vroum de chez Mercedes.
A l'occasion du Grand Prix de F1, la firme allemande a donc sorti le grand jeu pour se montrer sous son plus beau jour chez l'un de ses plus sérieux clients. D'où un vaste podium dans le F1 Village et plusieurs monstres pour le plaisir des yeux et du portefeuille.
En prime, un peu plus loin, on a pu voir une superbe pièce des années 1950-1960 avec un cabriolet ô combien élégant. Cette 300 SL était en tête de gondole d'une expo de "classic cars" qui aura très bientôt sa galerie photos sur le blog.








vendredi 21 novembre 2014

Le joyeux anniversaire de Philippe Chiappe

Une chanson de circonstance pour les mécanos du team China qui ont célébré la victoire de Philippe Chiappe le jour où le Rouennais fêtait ses 51 ans. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule voici le seul Français de F1 H2o en tête du championnat du monde à une course de la fin.


Formule 1 : les stands d'Abu Dhabi en images

Voici la première série de photos concernant l'accès VIP au circuit de Formule 1 d'Abu Dhabi dont nous avons bénéficié hier après-midi. Un accès d'une rare facilité quand on possède le petit morceau de plastique ci-dessous, le laissez-passer officiel pour la promenade sur la grille de départ (en anglais "pit lane walk") qui amène l'heureux détenteur au plus près des machines et des écuries, pendant que les pilotes sont dans les palaces ou bien en sessions d'autographes au milieu du F1 Village.




Dans les stands, ce n'était pas l'effervescence, juste des mécanos qui travaillent tranquillement sur des machines à X millions de dollars qui seront suivies par les yeux de X millions de personnes dimanche dans l'attente de savoir qui sera le nouveau champion du monde.
La F1, ce sont des super-stars adulées comme des chanteurs, mais aussi, dans la coulisse, de petites mains qui font dans la mécanique de précision pour Caterham (les Verts), Williams (blanc et bleu), Red Bull et son petit frère Toro Rosso (bleu et rouge), Force India (blanc, orange et noir), Mercedes (argent) et bien sûr Ferrari (ah ce rouge...).




Petit clin d'oeil franco-français au pilote de chez Toro Rosso







Et puis, au bout des stands, on débouche sur la piste, au niveau de la grille de départ. C'est une sensation assez incroyable, même quand on n'est pas un fan absolu de Formule 1. Poser ses pieds sur ce bitume moelleux (quelle souplesse du revêtement !) sur lequel des types roulent à 300 à l'heure, portés par les cris de 50 ou 60 000 personnes, c'est comme se retrouver dans le rond central du Maracana de Rio pour un amateur de foot.




 A suivre.