mardi 27 janvier 2015

Une certaine presse : le Mag, numéro 1

C'est nouveau, ça vient de sortir : Une certaine presse se met en mode magazine. Bien évidemment, l'actualité la plus chaude garde toute sa place sur le blog, mais d'autres angles vont y être abordés en longueur.
Dans ce premier numéro du Mag, il sera question de vélo. Les Emirats, et même plus largement les pays du golfe, font partie des bénéficiaires de la mondialisation du cyclisme professionnel. Au point de susciter l'intérêt des grands organisateurs européens. Mais n'anticipons pas.
Pour l'occasion, votre serviteur se met en scène dans cette introduction vidéo qui constitue une autre nouveauté et propose un cadre original. C'est du journalisme multimédia, quoi.


Et donc, c'est parti !

L'actualité sportive en général a pris l'habitude, ces dernières années, d'entendre parler de destinations exotiques et ensoleillées, comme Dubaï ou le Qatar. Elles présentent l'avantage d'être proches et facilement accessibles en avion, et disposent de décideurs financièrement solides qui veulent accueillir le maximum d'épreuves sur leur sol.
Même le vélo s'est y est mis. Du coup, plus personne ne rigole quand une équipe pro annonce sa participation à tel ou tel Tour dans le golfe. Dans huit jours exactement, sera donné le départ du Tour de Dubaï, qui frappe les trois coups de la saison dans une région comptant cette année et pour la première fois quatre épreuves de niveau mondial.
Pour se faire une idée, voici une carte de la zone et quelques distances  :
Abu Dhabi - Doha (Qatar) : 300 km (à vol d'oiseau) ; Abou Dhabi - Dubaï : 130 km ; Abu Dhabi - Mascate (Oman) : 500 km.



A chacun son Tour

Voici, dans l'ordre du calendrier UCI, le détail de ces courses :
- Tour de Dubaï

Appellation officielle : Dubai Tour. Organisateur : RCS. Première édition : février 2014. Prochaine édition : du 4 au 7 février. Tenant du titre : Taylor Phinney (BMC). Site web : dubaitour.com.

- Tour du Qatar

Appellation officielle : Tour of Qatar. Organisateur : ASO. Première édition : janvier 2002 (principaux vainqueurs : Tom Boonen, 2006, 2008 et 2009 ; Mark Cavendish, 2013). Prochaine édition : du 8 au 13 février. Tenant du titre : Niki Terpstra (Omega Pharma). Site web : Tour of Qatar.

- Tour d'Oman

Appellation officielle : Tour of Oman. Organisateur : ASO. Première édition : février 2010. Prochaine édition : du 17 au 22 février. Double tenant du titre : Chris Froome (Sky). Site web : Tour of Oman.

- Tour d'Abu Dhabi
Appellation officielle : Abu Dhabi Tour (à confirmer). Organisateur : RCS. Première et prochaine édition : du 8 au 11 octobre 2015. Tenant du titre : néant.

Bien évidemment, il s'agit de courses professionnelles, dotées de budgets suffisamment conséquents pour attirer les formations de l'élite du cyclisme mondial. Ainsi, la FDJ, Astana, Sky et Cofidis, entre autres, doubleront Qatar et Oman, histoire de rentabiliser le déplacement.
Dans le golfe, on peut se permettre de brûler les étapes : on ne commence pas par une épreuve juste ouverte aux équipes Continentale voire de DN1 (troisième division pro et premier niveau amateur) ; on peut tout de suite se permettre de taper dans le gratin. C'est ainsi que le Tour de Dubaï, qui ne vivra la semaine prochaine que sa deuxième édition, peut déjà se permettre d'inviter 9 des 17 membres de l'UCI World Tour 2015, à savoir AG2R - la Mondiale, BMC, Giant-Alpecin, Etixx-Quick Step, Katusha, Movistar, Lampre-Merida, Tinkoff-Saxo et Sky. La tête de gondole cette année à Dubaï, c'est Vincenzo Nibali, le vainqueur du dernier Tour de France. Forcément, cela donne un peu plus de relief à la course émirienne, puisque les amateurs de vélo de toute la planète voudront voir où en est l'Italien dans sa préparation.

Poids lourds en coulisses

La présence de Nibali illustre également la bataille que se livrent sur le terrain du sport et du business deux gros braquets de l'organisation, un italien et un français qui ont bien compris qu'il fallait aller chercher l'argent là où il était.

L'italien se nomme RCS Sport, émanation d'un grand groupe de presse dont le fleuron n'est autre que la Gazetta dello Sport. RCS est le grand Manitou du Giro, le Tour d'Italie. Il organise également Milan - San Remo, Tirreno Adriatico, le Tour de Lombardie, sans compter son implication dans le basket (Pro A italienne) et dans le foot (deuxième division transalpine). C'est RCS qui gère le Tour de Dubaï et a revendu le concept à l'émirat voisin d'Abu Dhabi.

Le français est forcément plus connu puisqu'il s'occupe historiquement du Tour de France : ASO, également lié à un groupe de presse dont le fleuron est aussi un quotidien sportif en l'occurrence l'Equipe. ASO est par ailleurs le maître d'oeuvre de Paris - Nice, de Liège-Bastogne-Liège, de Paris - Roubaix et du Tour d'Espagne. Dans le golfe, la société du Tour a mis la main sur les épreuves du Qatar et d'Oman.

Des voisins à la traîne

La prospection continue dans un secteur géographique encore majoritairement en friche.
Le Tour des états de la communauté du golfe (GCC Tour), organisé à Bahreïn, se limite aux équipes nationales de la région ;
le Tour du Koweït est une compétition de... cricket ! ;
l'Arabie saoudite n'a pas encore sa grande course et ce n'est pas gagné, car les réticences sont fortes et le nouveau roi est annoncé encore plus conservateur que celui qui vient de mourir ;
les voisins iranien et azerbaïdjanais se partagent en mai une course par étapes où on retrouve par exemple une équipe déjà vue sur la Boucle de l'Artois (en l'occurrence Vorarlberg). On est donc loin du niveau recherché par les autres acteurs du coin.
Il convient également d'ajouter à ce tour d'horizon, le Tour international de Sharjah, disputé depuis 2013 dans le petit émirat de la banlieue de Dubaï et classé en 2.2, comme le Paris - Arras Tour.

Le petit nouveau aux dents longues

Mais la tendance d'une implantation (durable ?) du cyclisme pro dans le golfe, c'est l'annonce de la création du Tour d'Abu Dhabi. La capitale des Emirats ne pouvait pas laisser Dubaï partir seul dans l'échappée. Il lui fallait aussi une course importante à la fois en terme de rivalité locale et d'image internationale. Il y a par ailleurs une question d'opportunité, puisque l'UCI avait une date libérée par l'arrêt du Tour de Pékin. Un signe que le centre de gravité du vélo ne s'est pas encore déplacé vers l'Asie.
Et pour revenir aux Emirats et selon les premières indications du conseil des sports d'Abu Dhabi (ADSC), l'épreuve pointera en catégorie 2.1, exactement comme le Tour de Dubaï au moment de son baptême. Mais Abu Dhabi se retrouve en fin de saison, ce qui présente le risque de voir la majorité des cadors déjà partie en vacances.

Mais que valent ces courses ?

C'est en effet une question légitime. Les vainqueurs sont pour la plupart prestigieux et les organisateurs mettent des noms qui parlent aux médias et au public, et alignent des équipes crédibles sur la ligne de départ. Ensuite, il faut bien reconnaître que les conditions climatiques sont idéales, aussi bien en février-mars qu'en octobre. Sport essentiellement européen quoi qu'on en dise, le cyclisme claque souvent des dents durant ces mois-là. Les pays du golfe constituent donc une piste de choix. Le réseau routier est de très bonne qualité, les capacités hôtelières sont nettement au-dessus de la moyenne (tout au moins aux Emirats arabes unis), les télés apportent leur soutien. En prime, les coureurs peuvent avaler les kilomètres sans crainte et les équipes n'y perdent pas au change.
Ensuite, c'est vrai que l'intérêt sportif se discute. Pour le Tour d'Oman, les étapes se disputent toutes autour de Mascate, la capitale, alors que la péninsule de Musandam offre de superbes terrains de chasse pour grimpeurs. Problème : il faut traverser une partie des Emirats pour rallier cet autre territoire du sultanat omanais.
A Dubaï, la première édition a été remportée par Taylor Phinney qui a pris le maillot de leader à l'issue du prologue chronométré et l'a gardé en laissant Marcel Kittel gagner le reste des étapes au sprint. Cela fait des arrivées spectaculaires, mais des courses à l'épilogue couru d'avance.
C'est sans doute pour cela qu'Oman et Dubaï ont déroulé le tapis rouge à Nibali et consorts cette année, en proposant chacun une étape avec arrivée au sommet. Ce sera le Djebel Al Akhdar (la Montagne verte) pour les uns et Al Hajar Mountains (les montagnes de pierre) pour les autres. Là, ça commence à faire de jolis terrains de jeu !

Pour autant, ce n'est pas demain la veille qu'un coureur du cru viendra bousculer la hiérarchie du peloton. Le cyclisme est vanté comme un sport populaire, mais les Emirats arabes unis sont bien l'un des derniers endroits au monde pour pratiquer. Ici, tout est conçu pour la voiture, pas pour le vélo. Le goût de l'effort n'est pas non plus une denrée très partagée chez les nationaux. Accueillir des courses de renommée mondiale se révèle donc bien être un acte politique, pas sportif.

Dubaï a bien son équipe professionnelle depuis un peu plus d'un an, mais ce sont les étrangers de Skydive Dubai qui glanent les points UCI sur le circuit Continental asiatique. Il y a eu le Tunisien Rafa Chtioui (ex-Europcar) lauréat en Malaisie en décembre, puis l'Italien Andrea Palini (qui sort de deux saisons chez Lampre) double vainqueur d'étape il y a dix jours au Tour d'Egypte, et l'éternel Espagnol Francisco Mancebo (vu à la Banesto, aux îles Baléares, chez AG2R) vainqueur du général de ce même Tour d'Egypte 2015, à bientôt 39 ans (photo ci-dessous).

Skydive Dubai espère glaner quelques lauriers supplémentaires avec le recrutement d'un autre vétéran. L'équipe émirienne attend maintenant que le Russe Vladimir Gusev (qui vient de passer dix saisons chez les "grands", sous les couleurs de la CSC, puis de Discovery, d'Astana et de Katusha) mette aussi en route.

Et tant qu'à parler de route, je vous propose de terminer avec une vidéo de routes, celles des étapes du Tour de Dubaï. Bonne balade, merci et à bientôt pour un nouveau numéro du Mag d'Une certaine presse.


lundi 26 janvier 2015

Demain, du neuf sur Une certaine presse

Avis à la population !!!




Fidèles lecteurs ou nouveaux venus, Une certaine presse vous salue et vous annonce que ce mardi 27 janvier, le blog du sport d'ici et d'ailleurs dévoilera une nouvelle rubrique multimédia intitulée le Mag. Textes, photos et vidéos seront réunis autour du même sujet qui sera.... Vous le saurez bien assez tôt ! Alors à demain.

samedi 24 janvier 2015

Le 3X3 mondial verra la mer en 2015 et 2016

Devinez qui a acquis le droit d'accueillir la finale du 3X3 World Tour de basket pour cette année et la suivante ? Un pays du golfe, bien sûr ; les Emirats arabes unis, plus précisément ; Abu Dhabi en particulier. La Fédération internationale de basket (FIBA) et la capitale émirienne ont signé un protocole d'accord pour les deux prochains points d'orgue d'une épreuve en plusieurs étapes à travers le monde, avec des équipes de villes.

Dans le communiqué signé de l'Abu Dhabi Sports Council, on apprend aussi que le joyau du 3X3 mondial aura droit à un bel écrin : rien de moins que la Corniche, la promenade des Anglais abu dhabienne, la Croisette locale, avec la plage et la mer en bas de quelques marches. Sympa, non ? Vous savez quoi faire les 15 et 16 octobre prochains.
Et pour achever de convaincre les indécis, la FIBA et Abu Dhabi ont confirmé qu'il y aurait six manches de qualification pour la grande finale et qu'un total de 200 000 dollars serait mis en jeu. Une paille...
Lancé en 2012, le 3X3 World Tour a successivement sacré les Portoricains de San Juan, les Slovènes de Brezovica et les Serbes de Novi Sad. On attend désormais de connaître les équipes engagées cette année et le programme complet de la compétition.
Et tant qu'on est à parler de 3X3 et d'épreuves dans le golfe, on retiendra aussi que le match All Star de la FIBA aura lieu au Qatar en décembre.

Novi Sad défendra-t-il son titre à Abu Dhabi les 15 et 16 octobre ?

jeudi 22 janvier 2015

Soana Lucet joue encore !

Elle fait partie de ces étoiles filantes du basket arrageois, de ces joueuses qui ont traversé l'espace aérien de la Ligue féminine sans laisser de traces sur les écrans radar. Pourtant, Soana Lucet devait casser la baraque quand elle a débarqué en métropole en 2011. La Calédonienne arrivait auréolée d'un parcours scolaire et universitaire US réussi, avec de vraies stats en NCAA. On  la disait aux portes de l'équipe de France, on assurait que Pierre Vincent avait un oeil sur elle, qu'elle était un espoir qui allait se servir d'Arras comme d'un tremplin. Sauf qu'elle n'a jamais confirmé. Trop petite pour jouer au poste 4, trop maladroite pour évoluer en 3, Soana Lucet a échoué à Arras (rupture de contrat en décembre 2011), s'est refait un moral dans le championnat belge avec les Castors Braine, a retenté le pari français en signant à Angers mais a été coupée en décembre 2013. Et depuis, on l'avait perdue de vue.

C'est son nouvel agent qui permet de donner de ses nouvelles. Le Belge Yves Lejeune (qui gère les intérêts de pas mal de joueuses bien connues en Artois comme Olesya Malashenko, Olga Maznichenko et Matea Vrdoljak entre autres) annonce ce jeudi que Soana Lucet a rejoint son portefeuille de joueuses au sein de la société LBM.
La première information de cette annonce, c'est quand même que Soana Lucet est toujours basketteuse. Ensuite, on apprend qu'elle évolue en Allemagne depuis une saison et demie, sous les couleurs de Fribourg. Son club n'est que 7e sur 12 de la DBBL, mais la Calédonienne est la troisième meilleure marqueuse du championnat avec plus de 17 points de moyenne. Qui l'eût cru ?


mercredi 21 janvier 2015

Deux coqs en cage


Ce devait être à Dubaï fin janvier, ce sera finalement à Abu Dhabi début février : la quinzième organisation du plus populaire et du plus réputé circuit d'arts martiaux mixtes du Moyen Orient se disputera donc le 9 février prochain dans l'enceinte de la FGB Arena. Ce "Desert Force 15" comptera dix combats de MMA, soit 20 combattants dont 2 Français : Loïs Cadet et Elias Boudegzdame.















Le premier nommé, à savoir Loïs Cadet, est Savoyard et s'entraîne en Suisse, à l'Icon Jiu-jitsu de Genève qui, comme son nom l'indique, fait la promotion du jiu-jitsu brésilien. Après un joli parcours amateur, notamment aux compétitions du Shooto, Loïs Cadet a disputé son premier combat pro en avril dernier et c'était déjà au Desert Force. Il s'était incliné aux points, après trois rounds de cinq minutes.
Pour le Desert Force 15, il livrera un duel en moins de 66 kilos avec Serge Saad, un Libanais qui présente le même bilan chez les pros, autrement dit un combat, une défaite (au Lebanese MMA Pro Cage Fight, en juin 2013). Depuis, Saad est censé avoir perdu quasiment dix kilos, donc méfiance.

Elias Boudgzdame, le second Tricolore, bizarrement, est présenté comme représentant l'Algérie, mais je dis "bizarrement" tout en sachant que les organisateurs du golfe aiment bien gonfler le nombre de nationalités pour toucher plus de spectateurs potentiels. Elias Boudegzdma est Montpelliérain, il s'entraîne à la Bonne école, où il encadre également les plus jeunes. A 21 ans, l'Héraultais a déjà une solide expérience : 10 combats, 7 victoires, 3 défaites. Signe particulier, tous ses succès ont été obtenus sur des soumissions, avec un goût prononcé pour le triangle. Et quand il en joue, ses adversaires valsent, surtout en pancrace en France. A l'étranger, c'est plus compliqué, avec des revers en Finlande et à Abu Dhabi déjà (Desert Force 13, fin août), mais toujours à la décision.
Elias Boudegzdame tient la route et cherchera à vaincre le signe indien contre le champion d'Europe du Shooto, Cris Hadji. Ce Suisse romand de 23 ans, d'origine kurde, avait aligné cinq victoires depuis son arrivée chez les pros en juillet 2013, avant un coup d'arrêt à domicile en septembre dernier.
On en reparlera.