dimanche 24 mai 2015

L'image du dimanche

Au cas où Lionel Messi aurait un coup de moins bien, je peux lui donner une nouvelle adresse à Abu Dhabi.


samedi 23 mai 2015

La guerre des rugbys (tombés au champ d'honneur)

A chaque journée, sa bataille ou, plus pacifiquement, un nouvel épisode de la guerre des rugbys que se livrent le XV et le XIII, ce printemps, aux Emirats arabes unis. Pour un résumé des débats précédents, voir ici et ici.
Avec la reprise en main du champ de bataille par les quinzistes et la nomination d'un nouveau général à la tête de l'armée treiziste, on pensait la paix proche. Mais les soldats ne sont pas de cet avis. Deux des quatre régiments ont fait défection lors des négociations d'armistice.
En effet, les Abu Dhabi Harlequins, tenants du titre de la Rugby League, ont annoncé qu'ils se retiraient de la compétition pour cette année. Et ce, quel que soit le résultat de l'ultime match de la saison régulière à XIII qui pouvait permettre au club de la capitale d'obtenir sa place pour la finale et d'y défendre sa couronne.
Ce retrait inattendu ouvrait une voie royale aux Xodus Wasps qui n'avaient qu'à se présenter sur le terrain vendredi prochain lors du derby de Dubaï pour aller en finale le 5 juin à la place des Harlequins. Mais ça aurait encore été trop simple.
En effet, dans la foulée, les Xodus Wasps ont, à leur tour, annoncé qu'ils arrêtaient les frais, officiellement en attendant que la situation soit éclaircie sur qui fait quoi, qui dirige le XIII aux Emirats, quelle reconnaissance officielle des instances internationales treizistes par le ministère émirien des Sports, etc. Du coup, la fin de saison est tombée à l'eau.

Malgré tout ça, on imagine que ce n'est pas terminé. Le nouveau patron du XII va sans doute vouloir asseoir son autorité et on peut imaginer qu'il insiste pour que la finale de la Nissan Rugby League 2015 ait bien lieu comme il l'a décidé, autrement dit dans deux semaines. Après tout, il reste deux équipes en course (les Sharks de Dubaï et les Al Ain Amblers). Deux bataillons, ça suffit pour faire une bataille, non ?

vendredi 22 mai 2015

Vous reprendrez bien du nanar (n° 7)

Un classique parmi les classiques, un nanar absolu, un doux souvenir des années 1980, un maître étalon de ce qu'il faut faire pour entrer au panthéon des trucs qu'on aime parce qu'ils sont mauvais.


Road House


Aurait pu s'intituler : Bouddha et karatéka, même combat 
Appellation d'origine contrôlée : USA
Millésime : 1989
Eleveur : Rowdy Herrington
Note personnelle : 8 sur 10



« Même l'homme le plus costaud du monde ne peut plus tenir debout si on lui broie le genou. » C'est une réplique devenue culte, une sorte de mantra qui unit les fans de Road House à travers le monde.
Il a beau avoir le même patronyme que les hors-la-loi les plus crétins de l'Ouest, Dalton n'est pas la moitié d'un con. C'est carrément le gars qui vous savate les gencives tout en vous rendant plus intelligent pour peu que vous ayez gardé vos esgourdes ouvertes. Philosophie et bourre-pif, tels sont les piliers de Dalton. En l'occurrence ce sont des piliers de bar, puisque le personnage littéralement incarné par feu Patrick Swayze occupe la très intellectuelle fonction de physionomiste à l'entrée d'un débit de boissons. En gros, il est videur de boîte de nuit.
Mais il apporte à cette profession injustement méprisée une touche de classe et une hauteur de vue qui paraissent aussi incongrues aujourd'hui qu'en 1989, quand le film de Rowdy Herrington est sorti.



Sinon, comment expliquer que les Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Steven Seagal et autre Gérard Jugnot ne se soient pas engouffrés dans la brèche ? De l'action, oui, mais de la réflexion aussi. Et des nichons, tant qu'on y est.
Eh oui, la triste nécessité économique a rattrapé la morale : Road House est un film qui contient à peu près autant de leçons de vie que de gonzesses à poil. Or, on ne peut que constater au visionnage de Road House, que la température relativement élevé des plaines du Missouri entraîne, de facto, la disparition subite, impulsive et simultanée des éléments d'habillement de nombreux personnages féminins. Aussi bien autour de la piscine du méchant Ben Gazzara que sur la scène du Double Deuce, le bar où officie Dalton, ces dames tombent facilement le chemisier. Même quelqu'un qui a fait des études, comme la doctoresse, se laisse aller à cette coutume locale sur le toit du baraquement où vit Dalton. En même temps, faut reconnaître qu'elle était bien mignonne, Kelly Lynch, avant de céder au diktat du bistouri de la pseudo-jeunesse éternelle.


On comprend que, tout penseur qu'il soit, Dalton cède à l'appel de la chair. Patrick Swayze y met d'ailleurs tout son cœur, avec la même virilité huilée que dans Dirty Dancing. Mais bon, comme on est quand même censé être dans un film d'action, revenons à nos moutons et à la trame de l'histoire. Là, ne vous inquiétez pas, vous ne risquez pas la méningite.
Patrick Swayze est donc Dalton, star des videurs, ayatollah des physionomistes, empereur de l'écrémage des lieux de perdition alcoolisée. Quand le patron du Double Deuce veut faire remonter la cote de son établissement, il fait deux trucs : il recrute un peintre, pour recouvrir toutes les insanités écrites sur les murs de son troquet, et il embauche Dalton pour filtrer la clientèle. Notre héros, qui fume comme un pompier mais n'a pas de problème de souffle, arrive donc avec sa méthode qui consiste à expliquer avant de frapper, mais à frapper quand même.
C'est un musicien dénommé Cody qui se charge de son intronisation. Ce guitariste n'est autre que Jeff Healey, chef de file du groupe de rock-blues-country éponyme qui a deux points communs avec Ray Charles : il est vraiment musicien et il est vraiment aveugle. Enfin, était, puisqu'il est mort en 2008, ce qui lui fait donc un troisième point commun avec Ray Charles.


Quand Cody/Healey a fait les présentations, il s'agit aussi pour Dalton/Swayze de virer les brebis galeuses parmi le personnel, ceux qui vendent de la drogue dans les toilettes ou font crac-crac pendant le service en échange d'une entrée gratuite. Et, une fois tout bien expliqué, vient le temps de tataner.
Bon, il faut quand même se farcir les katas au bord de la rivière, sous l'oeil sarcastique du méchant parrain rural, interprété par un Ben Gazzara énervant au possible. Mais, cela valait la peine d'attendre parce que le Dalton, il dégaine le high kick plus vite que son ombre.
Son équipe de bras cassés devient la fine fleur de l'élite des diplomates du samedi soir aviné. Cerise sur le kung-fu, le meilleur copain de Dalton arrive en ville et là, les gens changent de trottoir. Cette bonne vieille gueule de Sam Elliott (le méchant papa colonel dans Hulk) est Wade Garrett, icône percutante du monde de la nuit et père spirituel du héros. Avec, petit aparté, là encore un patronyme qui renvoie à Pat Garrett, entré dans la légende du Far West pour avoir descendu Billy The Kid. Fin de l'aparté.



En bon faire-valoir, Wade Garrett doit distribuer les pains d'abord et mourir ensuite, victime de traîtrise. Avec, entre deux, la bonne réplique salace qui va bien. A la brute de 2 m qui lui demande s'il veut se battre, Garrett dégaine son illustre "Je ne suis pas venu pour te montrer mes couilles." Finesse, délicatesse, classe internationale.
Moralement, c'est comme dans un western. Dalton ira donc régler ses comptes au bord de la rivière, tuant le poulain du parrain à mains nues, puis pourchassant Ben Gazzara dans sa maison de 128 pièces. Et quand le méchant semblera avoir le dessus, les gentils notables de Jasper (Missouri) arriveront à point nommé pour le gaver de plomb et sauver les miches de Dalton. Une belle leçon philosophique sur le sens de l'amitié, le caractère contagieux des valeurs positives, la notion d'exemple intra-communautaire. Dalton, c'est la philosophie appliquée. Et appliquée à coups de poing, au cas où tu n'aurais pas compris la première fois que le nanar, c'est la vie.



Bonus
- Depuis septembre 2013, Rob Cohen, réalisateur entre autres du premier Fast and Furious et de Coeur de dragon, est censé bosser sur un remake de Road House. On attend toujours.
- Interprète de la très chaude Denise qui allume Dalton à chaque apparition à l'écran, Julie Michaels (ci-contre) a continué à faire carrière dans le cinéma après Road House, mais pas de la façon qu'on pourrait imaginer. Si ses qualités physiques ont été retenues, c'est pour devenir cascadeuse. Depuis 1993, elle compte une cinquantaine de films et séries à son actif, de Barb Wire à Titanic en passant par Esprits criminels. Elle a obtenu son titre de gloire grâce à son travail sur le tournage de Point Break, film au cours duquel elle met une dérouillée à Keanu Reeves dans la scène d'intervention du FBI chez les bikers.
- Road House a donné lieu à une suite, Road House 2, dont le héros est censé être le fils de Dalton. C'est sorti en 2006 et comme je ne l'ai pas vu, je ne vais pas en dire de mal. Même si...

Quelques affiches :






Et, la semaine prochaine, Vous reprendrez bien du nanar vous proposera :





Mia Fisher au casting de Santa Barbara

A Arras, elle a laissé le souvenir d'une joueuse de caractère, dotée d'un sacré moteur et d'un généreux sourire. Idem à Armentières où elle avait côtoyé Aurélie Carmona, à Reims, qui avait été son premier club en France, ou encore à Braine, où elle a achevé sa carrière pro il y a deux ans. Mia Fisher a tourné la page mais n'a pas encore totalement refermé le livre du basket. L'ancienne arrière d'Arras pays d'Artois (2008-2009) va devenir entraîneure-adjointe à UCSB. Ce sigle désigne surtout la fac californienne de Santa Barbara, dans les faubourgs ensoleillés de Los Angeles.

L'équipe de l'University of California Santa Barbara sort d'une saison compliquée en Division 1 de la NCAA, le championnat universitaire nord-américain. Mais les Gauchos (leur surnom) compte sur Mia Fisher pour retrouver un peu de leur lustre. Il faut dire que l'ancienne chérie de la halle des sports est une star à UCSB. La dernière fois que cette fac a atteint le Top 16 de la NCAA, autrement dit le grand tournoi annuel qui désigne le champion annuel, c'était en 2004 et la joueuse majeure de l'époque s'appelait justement Mia Fisher.
Pour l'Américaine qui revient aux sources (elle a marqué plus de 1 300 points pour les Gauchos lors de sa formation universitaire), c'est en tout cas une vraie progression dans sa nouvelle carrière. En 2013, elle s'occupait spécifiquement du recrutement et de la formation des meneuses à Stanford. L'an dernier, elle avait rejoint le staff des Spartans de San José, comme coach adjointe.

mercredi 20 mai 2015

La guerre des rugbys, la suite


Ce n'était qu'une bataille ; la guerre continue. Aux Emirats arabes unis, le conflit entre le rugby à XV et son homologue du XIII a déjà fait une victime, Sol Mokdad, qui pensait pouvoir faire grandir son XIII. Mais il avait oublié un « détail » : il n'est pas Emirien. Or, il est strictement interdit de se prétendre président de fédération quand on n'a pas la nationalité du pays. C'est valable ici comme ça l'est ailleurs (vous connaissez beaucoup de Libanais présidents de Fédération française de quelque chose ?). Il était donc dans le collimateur et sa fédération treiziste avec. Il a eu beau retirer le terme même de fédération pour la renommer Rugby League committee, c'était peine perdue.

Comme ailleurs, le XV a assuré sa part de lobbying auprès des instances ministérielles (voir documents ci-dessous). Le XII émirien s'en est trouvé décapité, le championnat a été arrêté sans que les trois derniers matches de la saison soient joués.




Mais ce n'était que le travail préparatoire de l'artillerie, pour affaiblir les défenses adverses. Cette semaine, on envoie les fantassins à l'assaut, à travers le no man's land.

La RLIF, fédération internationale à XIII, a confié à un avocat le soin de tirer les choses au clair à Dubaï, tout en faisant profil bas. Il s'agit de plaire aux Emirats, à son ministère des Sports, à la fédération internationale à XV (qui s'appelle désormais World Rugby) pour que les treizistes continuent à avoir droit de cité ici et de parvenir à « se mettre d'accord sur une solution positive et constructive qui permettra la tenue, en octobre, d'un match de qualification pour la Coupe du monde. »

En position de force, la Fédération locale à XV (ici, comme en Grande Bretagne, on dit rugby union) a mis un caramel bien appuyé aux treizistes de la confédération européenne comme de la fédération internationale. Les Emiriens se sont dits « choqués » par la reconnaissance dont ont bénéficié Sol Mokdad (surtout si, cerise sur le gâteau, il était en situation irrégulière comme semble l'indiquer l'enquête...) et son organisation.
Cette dernière a peut-être eu le tort de faire un peu d'ombre au XV pour plusieurs raisons :
- le XIII est parvenu à relancer son championnat après une saison blanche en 2014 ;
- il a été suivi par des clubs également affiliés à XV (Abu Dhabi Harlequins, Dubai Sharks, Xodus Wasps et Al Ain Amblers) ;
- il a réussi à faire sponsoriser sa saison 2015 par une marque automobile japonaise mondialement connue, à savoir Nissan.

Donc le XV a pris la main, a rassemblé les brebis égarées et a placé tous les rugbys sous la même bannière. Du coup, le XIII a bien son comité mais il est sous la tutelle de la Fédération à XV qui a nommé à sa tête Saoud Belshalat. Le nouveau patron est membre du conseil d'administration de la Fédération quinziste.

Sitôt intronisé, il a annoncé la reprise d'un championnat suspendu depuis trois semaines. L'ultime rencontre de la saison régulière, en l'occurrence le derby de Dubaï, aura lieu le 29 mai et la finale du championnat le week-end suivant.

Mais hier, la Fédération internationale de XIII est revenue à la charge avec, à son tour, un communiqué. La Rugby League International Federation réagi parce qu'elle avait reconnu l'affiliation des Emirats arabes unis mais vient de retirer le pays de la liste de ses membres. Elle a expliqué avoir envoyé son directeur général David Collier  en mission auprès du ministère émirien des Sports pour lui apporter des informations et lui rappeler que le XIII est bien de la souveraineté de la Rugby League International Federation, pas de World Rugby qui ne s'occupe normalement que du XV.
On l'a dit : ce n'était qu'une bataille, la guerre continue.